Pensons Sauvage

Potager & permaculture au jardin naturel

Comment cultiver des tomates ? Quelques petites choses à savoir

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D’abord, les trucs de base pour les tomates… enfin, les nôtres. Et plus bas je vous mets la vidéo de l’inestimable Damien Dekarz, de la Graine Indocile, qui est vraiment un virtuose en matière de permaculture. Vous connaissez sûrement sa chaîne Youtube, et sinon ne la manquez pas.

D’abord les classiques…

Printemps 2016, il fait vraiment froid. Les tomates sont en zone d’attente, terrasse sud, dans de grands pots. Le surveillant semble confiant.

Ne pas faire ses semis trop tôt, quand il n’y a pas encore assez de lumière ça monte pour la trouver – et plus c’est tôt plus ça « file ». De longues tiges fragiles difficiles à rattraper. Pour ma part, je les commence fin février. Mais c’est parce que je peux les coller directement sous une fenêtre de toit orientée à l’ouest, où les plantules vont prendre plein plein de lumière et même du soleil direct.

Les repiquer à l’aise dès qu’elles ont 3 ou 4 feuilles, en enterrant à demi la tige. Cette année, j’ai coupé des bouteilles de lait, histoire d’avoir de la réserve en pot gratuits. J’ai fait quelques trous au fond pour le drainage. Si j’en ai qui doivent attendre pour le repiquage, progressif lui aussi, je les transfère dans de plus grands pots, qu’elles soient confortables.

Dès qu’il ne fait plus trop froid les exposer à l’air, au vent, pour les endurcir. Attention aux frimas nocturnes. En ce qui me concerne, quand la météo me dit que c’est limite, je les rentre sur une terrasse au sud où il ne gèle jamais (mais je suis dans une région chaude, dans le nord il faudra trouver mieux).

Les planter aussi loin que possible les unes des autres, au minimum 1 mètre, mais c’est mieux si elles sont disséminées un peu partout, en alternance avec d’autres plantes. Elles ont besoin d’air pour sécher rapidement après la pluie et cela limitera les contaminations.

Moins classique, mais j’insiste

Semences : pour démarrer, uniquement des semences rustiques et reproductibles : Germinance, Biau Germe, Graines Del Païs, Ferme de St Marthe, etc. Ils vendent tous en ligne. C’est pas de la pub, c’est de l’info ^^. Les plants ou semences « conventionnels » sont d’une fragilité exaspérante, on dirait qu’ils sont conçus pour vous faire courir après les traitements – mais non, je n’ai rien dit 🙂 Et de toutes façons, les meilleures semences pour votre jardin seront toujours issues de vos récoltes de graines des années précédentes, étant donné qu’elles ont déjà commencé à s’acclimater à vos conditions locales. Donc exit les F1, bien sûr.

« Qu’est-ce que je vais pouvoir te piquer aujourd’hui ?  » c’est ce que je dis souvent à notre marchande de légumes préférée sur le marché paysan, en saison, ce qui la fait rire… Ses légumes sont les meilleurs à des lieues à la ronde et c’est quelqu’un qui aime transmettre les bonnes choses. Esprit partageux de la permaculture, nous serons tous ruinés… mais heureux ! (^_^)

Avant de manger ses tomates, je les évide avec une petite cuillère de leurs jolis amas de semences. Comme je n’ai pas besoin de centaines de graines parfaites, je les fais simplement sécher bien étalées sur un papier absorbant pendant plusieurs jours avant de les ranger, mais il y a d’autres méthodes plus pointues que vous verrez aussi dans la vidéo de maître Damien.

Non, je ne mets pas d’orties au fond du trou à la plantation. La nature ne fait jamais des trucs pareils et il se trouve qu’elle sait mieux s’y prendre que nous. Par ici, l’explication. Un peu de compost, un brin de fumier composté, et un arrosage de temps au temps au purin d’ortie – avant la période de fructification, puis au purin ou à la soupe de consoude (encore un de mes trucs crus bizarres, billet à venir), ça marchera sûrement mieux.

Je ne les taille pas sauf les branches du bas qui risqueraient de traîner dans l’humidité, fréquente dans ma région, et urgence contamination suspecte.  Je fiche la paix aux gourmands. Un tomatier (si si, ce mot existe) non taillé donne très bien, pas de souci à se faire de ce côté-là. La taille est une blessure : mutiler un organisme vivant n’est jamais anodin, ça se paye. Vos plants seront fragilisés, pour commencer. Et c’est la porte d’entrée de toutes les maladies. Donc si je dois couper, c’est toujours avec de la crème d’ail sur la cicatrice ou une lame grattée sur une gousse d’ail et franchement, ça cicatrise vite et bien.

Je le répète ici, j’ai vu des plants touchées par des pointes de mildiou se remettre complètement et définitivement grâce à ce stratagème, simplement en coupant la branche concernée et en appliquant un peu de ce mastic d’ail.

De manière générale, j’arrose très peu, sauf dans les premiers jours, à la reprise. Je limite au maximum jusque dans la serre, qui est assez petite pour que la terre s’imprègne par en dessous. Les tomatiers deviennent vite fragiles s’ils reçoivent trop d’eau, on voit bien que ça ne leur réussit pas. Un plant peu arrosé aura des feuilles dures et vert sombre, beaucoup plus coriaces que les feuilles vert tendre d’un plan abreuvé régulièrement, qui va être de loin le premier à attraper le mildiou. Je le vois en particulier avec certains de mes emplacements qui sont de toute évidences situés sur des poches d’eau souterraines, vu l’herbe grasse et verte qui les entoure même après six semaine de sécheresse. Les tomatiers repiqués là ont un magnifique feuillage mais sont d’une fragilité évidente. Alors oui, ils sont plus productifs, mais s’ils ne durent que la moitié de la saison, le bénéfice est douteux. Bref, en cas de sécheresse persistante je vérifie simplement qu’aucun ne fait grise mine – et c’est rarement le cas.

 

 

Bon, ce qu’il faut savoir si vous avez raté une étape, c’est que la tomate est vraiment résiliente, photos ci-dessous à l’appui. J’avais massacré ces semis parce que je les avais TROP arrosés – ce qui avec les bébés tomatiers est un risque beaucoup plus réel que de ne pas assez leur donner à boireet mis dans une cuvette où l’eau avait sans doute stagné. Sans véritable espoir, je les ai collés – tout gris et tristes –  dans un pot à l’extérieur. Et je les ai oubliés, je les croyais fichus… Mais je les ai retrouvés quelques semaines plus tard : de très jolis pieds aux feuilles bien vertes et à la tige épaisse, que j’ai pu repiquer et qui ont bien donné ensuite. Donc pas trop d’inquiétude : la tomate est sacrément bonne fille et bien des problèmes peuvent se rattraper sans séquelles.

On peut comparer avec celles à gauche, qui étaient dans une jardinière bien drainée : la situation est grave ! Elles végètent, jaunissent et grisaillent.

Serrées dans un grand pot, je les ai exilées tristement loin de ma vue, au jardin. Mais après quelques semaines d’oubli, surprise !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 Commentaires

  1. Salut !

    Super article sur la tomate, très complet, bien écrit et plein de bon sens !
    (Notamment pour l’ortie au fond du trou de plantation qu’on voit partout, alors que la matière organique se décompose en milieu aérobie…)

    La vidéo complète à merveille cet article.

    À bientôt, Heikel de JardinerFuté

    • Merci beaucoup – et pour tes trois commentaires aujourd’hui ! J’en profite pour rajouter une citation du jardinier en chef de Versailles (s’cuzez du peu :-)) sur laquelle je suis tombée hier soir dans un hors-série spécial plantes du magazine Sciences et Avenir… Il explique que les plantes c’est un peu comme les gens, il faut d’abord savoir qui ils sont et d’où ils viennent pour devenir ami avec eux – et il conclut :
      « lorsque vous savez que la tomate est mexicaine, vous comprenez tout simplement qu’il ne sert à rien de l’arroser de manière abusive ».
      J’ai apprécié parce que c’est exactement mon ressenti par rapport à ce fruit. On peut l’arroser beaucoup, elle sera peut-être un peu plus productive, mais fondamentalement, elle n’aime pas ça et cela la fragilise.

      • Avec plaisir !

        Merci pour cette citation ! Je pense que je l’écrirai sur mon blog une fois 😉

        • Alors le monsieur, pour préciser, c’est Alain Baraton, Jardinier en chef des jardins de Trianon et du grand parc de Versailles, in Sciences et Avenir, hors-série « La vie secrète des plantes » n°189, avril-mai 2017.
          c’est réjouissant, son interview montre qu’il a tout à fait l’esprit permaculture : observer toujours, zéro phyto bien sûr, travailler avec la nature, non pas contre elle, le moins d’interventions possibles (pas de taille), partage des surplus, etc 🙂

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