Pensons Sauvage

Potager & permaculture au jardin naturel

Histoire d’un aller et retour

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L’hiver est terminé depuis longtemps et les travaux au potager sont déjà bien avancés. Je suis restée loin de ce blog depuis plusieurs mois, mais c’est parce que je crois bien en avoir trop fait pendant quelques années : en aménageant ce potager tout d’abord, puis en me lançant de multiples défis pour réussir telle ou telle culture… et enfin en démarrant ce blog en parallèle à un moment déjà très chargé.

Manque de pot, la saison dernière a été plutôt médiocre, pour de claires raisons de changement climatique, première grosse inquiétude… Deux années de sécheresse, un été maussade, et depuis l’automne une pluie continuelle, capable de pourrir tous les semis en extérieur. Pour tout arranger une joyeuse bande de chevreuils s’est chargée de croquer les cultures d’hiver, comme les kales gourmands en eau, sur lesquelles je comptais pour me rattraper. C’est une chance de vivre dans un coin où la chasse est interdite, mais il faut penser aussi à installer les conditions d’une cohabitation pacifique. On y travaille, je vous raconterai.

Il m’a donc fallu une longue période de silence et de repos pour tout remettre à plat. Je me suis replongée dans l’oeuvre de Tolkien, mon inépuisable source de rêveries (d’où le titre clin d’œil de ce billet), j’ai pensé en priorité à autre chose… et je me suis sentie consternée et toujours plus découragée en consultant les actualités de la nature et de la biodiversité – comme beaucoup de gens sûrement. Cette année, notre jardin sera encore plus sauvage, en espérant fournir un refuge à tout un petit peuple d’oiseaux et d’insectes. C’est sur cette idée aussi que je finissais la saison dernière, avec un sentiment d’urgence de plus en plus vif.

Et cerise sur le gâteau, j’ai lu Pablo Servigne, Comment tout peut s’effondrer. Livre que je vous recommande, tout en prévenant : là aussi il faut longtemps pour s’en remettre.Servigne - Comment tout peut s'effondrer.

Un essai transdisciplinaire, qui croise toutes les données scientifiques que nous détenons sur les multiples crises qui nous arrivent dessus : écologique, climatique, économique, fin des ressources et j’en passe… Mais c’est aussi un ouvrage qui invite à s’engager dans un deuil impossible, celui du monde tel que nous le connaissons, car il ne peut perdurer – et à tenter d’avancer quand même. Les yeux ouverts, car le déni ne pourra certainement pas nous sauver. Impitoyable, mais salutaire.

Quoi qu’il en soit l’énergie est revenue peu à peu et je pense désormais à quelques billets, certains pratiques et d’autres de réflexion. Je vous donne donc rendez-vous ici bientôt, en vous souhaitant de bonnes plantations de printemps !

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