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Potager & permaculture au jardin naturel

Tomates et mildiou : la météo menace, on applique la potion d’ail cru

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Tout le monde est en pleine forme !

Enfin un peu de pluie : on nous promet une belle semaine humide et ça fera vraiment du bien au potager. Seul gros souci, les jeunes tomates et le possible retour du mildiou.

En fait, si on continue sur le mode des averses courtes entrecoupées de belles séquences ensoleillées et venteuses, le risque est très faible. Il faut au moins une dizaine d’heures de pluie et une ambiance globale tiède et humide pour que le mildiou puisse s’installer, à partir des feuilles qui ont du mal à sécher. Mais on va quand même ressortir la potion d’ail cru pour s’assurer que nos tomates passeront bien le cap.

Depuis que j’ai publié cette recette personnelle en février dernier, presque 8000 visiteurs sont venus la consulter, plutôt bien pour un blog débutant, merci à vous… et j’espère en conséquence que cette seconde année sera l’occasion de nombreux retours. Pour ma part, après avoir testé la surdose – et arrosé jusqu’aux fleurs – afin de m’assurer qu’il n’y aurait aucun souci de toxicité ou autre désagrément pour nos chers tomatiers, j’espère pouvoir obtenir d’aussi bons résultats en baissant le rythme des vaporisations. La productivité n’était pas mauvaise mais je pense qu’elle pourrait être encore meilleure sur des plants moins rudement testés ^^

En prévision de la pluie, j’ai également coupé leurs jupes, ces feuilles qui traînent à terre et qui risquent donc un contact prolongé avec l’humidité. C’est à peu près la seule taille que j’effectuerai : un plant trop souvent tailladé est vite affaibli – et donc beaucoup plus sujet aux maladies. Mais par contre, j’ai gratté en cadence une gousse d’ail frais contre ma lame et bouché les plus grosses blessures avec un peu de ce mastic d’ail. Cette crème toute simple permet d’éviter l’entrée d’une contamination fongique ou virale par les plaies de la plante – et je l’ai même vue stopper net un mildiou encerclant déjà une tige principale. Pour tous les détails consultez notre page dédiée et les pages consacrées à notre méthode à l’ail cru.

Cette année, entre les plants de tomates, j’ai installé des choux Kales. Une association conseillée dans le grand classique de Gertrud Frank et qui semble effectivement donner de très bons résultats : plus les tomatiers grandissent, plus les piérides semblent avoir du mal à localiser les choux – c’est donc largement plus tranquille du côté des inspections. J’ai d’ailleurs rajouté de l’aneth et du basilic au paysage, dans l’espoir d’égarer définitivement les funestes bestioles par le bouquet de parfums changeants.

Un autre effet positif : comme les choux débutants ont besoin d’eau, je les arrose régulièrement les jours de canicule – pour le reste le mulch fera son office de conservation de l’humidité de la terre. Du coup, je ne me pose plus la question en ce qui concerne les tomatiers : de toute évidence, ils fabriquent un système racinaire adapté qui leur permettra d’aller chaparder exactement la dose nécessaire à leur voisin. Les uns et les autres se portent donc à merveille, un vrai bonheur.

Côté serre, on est déjà passés aux choses sérieuses, les premières tomates sont là et bientôt va commencer la traditionnelle attente gourmande : alors, ça rougit ou pas encore ?

Petite expérience inédite, dont nous reparlerons : l’année dernière j’avais constaté que même très bien nourries, les tomates en pot faiblissaient sérieusement en milieu de saison. Mais sur d’autres cultures, j’avais surpris un ver de terre en train de faire vivement l’aller et retour par le trou central à la base. Du coup j’ai laissé tomber les coupelles à eau, j’ai posé les pots directement sur le sol mulché et je glisserai de temps en temps quelques feuilles de consoude dessous, histoire de voir si nos petits sherpas amènent les nutriments à bon port ou si – pourquoi pas – c’est la racine qui vient les chercher. Résultat cet automne !

Mise à jour 15 juillet 2017 :

Voilà, on a eu une quinzaine de jours très pluvieux et humides. Plus deux épisodes de grêle qui ont méchamment blessé tous les plants en extérieur.

Le Béarn c’est vraiment spécial de ce point de vue, c’est la Normandie en version chaude – ou le climat tropical ^^ Pluies, crachin, humidité résiduelle élevée, bref danger maximum. C’est d’ailleurs bien pour ça que j’ai éprouvé le besoin de travailler sur le mildiou, car je ne suis jamais parfaitement convaincue par les méthodes de personnes qui habitent en région très sèche : elles ne sont pas à notre niveau de risque. Et ici personne n’a jamais réussi à « endurcir » des tomatiers contre le mildiou, il est beaucoup trop virulent : j’ai eu des nouvelles d’une plantation voisine traitée à la bouillie bordelaise… et dévastée en deux jours.

Je suis passée avant, en rajoutant une mini-dose de bicarbonate de soude , 5 cuillères à café rases pour 10 litres de préparation, puis lors d’une éclaircie quelques jours après… et quand j’ai contrôlé au bout de 10/12 jours humides, j’ai bien trouvé quelques bouts de feuilles brunies, disposition type mildiou mais plus du tout la même couleur aux reflets verts, ni voile blanc au dos des feuilles, comme s’il avait été bloqué et désactivé.
J’ai effectué quelques coupes, pansé au mastic d’ail et je suis repassée une dernière fois, avec une dilution légère et sans bicarbonate, pendant les jours humides du « ciel de traîne », où nous avons eu plusieurs longues matinées de crachin.
Bilan : tous mes plants vont bien, sans aucune trace de maladie 🙂

Mise à jour 27 juillet 2017

Depuis un mois maintenant, nous bénéficions d’un vrai temps à mildiou, comme on dit… Je passe la vaporisation une fois tous les 5 jours, en gros, lors d’éclaircies. J’insiste sur les tiges et les branches, en écartant le feuillage qui est devenu luxuriant. Car lorsque le mildiou les atteint, c’est tout le plant qui sera rapidement contaminé.

Et surtout je passe après les grosses chutes de pluie, car c’est souvent lors de ces moments humides, lorsque les feuilles sèchent mal, que la maladie s’installe. La potion a manifestement le pouvoir d’enrayer sa progression : c’est visible sur un de mes plants, un seul sur une trentaine, où je trouve – tous les trois ou quatre jours – une à trois extrémités de feuilles brun sombre, sèches et recroquevillées. C’est très probablement du mildiou, mais bloqué dans son évolution. Je coupe pendant la pulvérisation et j’en profite pour bien inonder la zone avec la potion : le reste du plant continue à prospérer.

Il a beaucoup plu depuis un mois et ce plant est probablement atteint par le mildiou depuis deux ou trois semaines. C’est le seul sur ma trentaine de plants. Au centre la zone où j’ai effectué des coupes et largement baigné de potion d’ail cru.

 

Voilà ce que j’y trouve – tous les trois ou quatre jours : deux ou trois feuilles brunies, séchées. La maladie semble ne pas pouvoir progresser : pas – ou plus – de léger voile blanc  au dos des feuilles, caractéristique de la maladie en évolution. On voit nettement, autour des zones touchées, les fragments d’ail laissés par la pulvérisation.

Vous avez le droit de copier cette page et de la republier – photos comprises – uniquement si vous avez la politesse de mettre le lien vers l’original https://pensons-sauvage.org/index.php/2017/06/26/tomates-mildiou-meteo-menace-on-applique-potion-ail-cru/ – et cette mention 😉

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