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Potager & permaculture au jardin naturel

Potager des quatre saisons : notre sélection de légumes et plantations

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Voilà, ça y est, les trente-cinq pieds de tomates sont en place, les concombres et les courgettes aussi et le rythme de travail au potager sera désormais plus relax. Comme je le disais dans le billet précédent : qui veut avoir des légumes toute l’année doit turbiner sec au printemps. Ceci fait, il m’est venu à l’idée que cela pourrait être bien pratique pour vous d’avoir directement la liste complète de nos légumes et assimilés : nous avons mis quelques années à l’élaborer et j’avoue qu’au départ j’aurais bien aimé pouvoir consulter ce type d’inventaire.

En plus du potager, on continue à planter des petits fruitiers chaque année, framboises, groseilles, bleuets, etc. Et avec la sécheresse, seul un gros mulch peut les tenir confortables.

Le principe de base étant quand même de se simplifier la vie et de faire des économies, nous nous sommes fixés sur des variétés de bon caractère, faciles à réussir et bien productives. J’ajoute que le potager n’est pas gigantesque, en ôtant les allées – et sans compter la zone des petits fruitiers – il ne doit y avoir guère plus que 60/70m² de vraie bonne terre (assez) mature. Ce qui est suffisant pour des cultures en mélange et à peu près le maximum qu’une personne seule puisse bichonner de près, tranquillement, avec des pratiques type mulch et compagnie. La productivité s’ensuit, tout à fait satisfaisante. Mais les pommes de terre et les oignons, par exemple, on n’en fait qu’en petites quantités et pour le plaisir d’en avoir du jardin. Et on prend le reste à notre maraîchère : ces légumes-là sont loin d’être ruineux.

Bien, place au générique complet des acteurs du potager :)… Un détail qui a son importance : j’ai fini par devenir fidèle aux semences Germinance, qui sont d’une qualité exceptionnelle. Il y a sûrement d’autres fournisseurs de semences paysannes qui font aussi bien, mais pour ma part je n’ai jamais obtenu de bons résultats avec des semences du commerce conventionnel, à quelques rares exceptions près.

En mélange : salades, bettes à carde débutantes, persil et ciboulette.

D’abord, les salades. C’est fou tout ce qu’on peut faire avec une vraie salade fraîche de potager craquante et consistante, en y rajoutant du fromage, des œufs durs, des tomates, des noix, etc, et en la servant avec des frites ou des pommes de terre au four. Un peu notre plat national. La première, que nous semons en janvier dans la serre (ou en fin d’année) c’est la Gotte jaune d’or, celle-là figure au catalogue conventionnel d’ailleurs, mais elle reste bien rustique et délicieuse. Pour passer l’hiver – même dehors – il y a aussi la Rougette de Montpellier, la batavia Goutte de sang, qui se tient bien aussi au printemps, en automne… et que quelques jours de neige sur le nez rendent carrément divine. Vers mars : la Merveille des quatre saisons, la Pasquier, la Reine des glaces. Ces trois-là peuvent aussi se semer en fin d’été – et à l’automne pour s’épanouir au printemps – avec la Mâche, qui sera déjà productive au moment où les autres dormiront encore. Mais le plus dur pour les salades, c’est bien les chaleurs de l’été : Merveille de Verano et Sucrine tiennent le coup sans monter en graine en cinq minutes. Et toute l’année, ultra-productive, la salade à couper Radichetta ou Cressonnette marocaine.

La ressource numéro un du plein hiver, pour sa charge surréaliste en vitamines et sa productivité continue – on récolte les feuilles en bas, ça revient en haut – c’est le Kale, ou chou frisé non pommé. Un légume oublié qui est en train de revenir en force, y compris dans les recettes des chefs. On le sème en terrine vers avril, on repique les plus beaux en godets et on met en place quand il a 5 ou 6 feuilles. On peut aussi s’y prendre plus tard, en été ou début d’automne : le Kale sera plus petit mais repartira au printemps et pourra rester en place, sans fleurir, un an de plus. Et dans le même registre, cette année on a rajouté du Chou cavalier pour la verdure des poules en hiver et pour tenter des recettes méditerranéennes.

Attention, en été il faut les inspecter très régulièrement pour ôter les petits œufs jaunes des piérides. Contrairement à ce que disent certaines sources, les Kales et autres choux non pommés les attirent aussi. D’ailleurs dans le registre chou à problème, je ne perds pas espoir de voir un jour nos Choux perpétuels Daubenton cesser d’attirer tous les ravageurs de la création, mais pour l’instant ça ne semble pas gagné. Des limaces aux punaises en passant par les ramiers et même les pies, il affiche une mine piteuse une bonne partie de l’année – heureusement que le chou est par nature résistant. Pourtant, cette variété vivace a la réputation d’être sans souci ^^

Au premier plant des pois nains en semence paysanne, ultra-productifs, au second – un peu dans l’ombre sur la photo – des semences conventionnelles, maigres à faire peur. Et ce n’est pas la première fois que je fais l’expérience ^^

En février, je colle des Pois nains à écosser douce Provence dans tous les emplacements que je n’aurai pas à utiliser avant juin. Ce sont avec les salades à peu près les seuls légumes disponibles durant le creux du printemps. Donc importants. Et ils améliorent la terre pour les cultures suivantes, en stockant de l’azote dans leurs racines, qu’il faut donc laisser dans le sol à la fin de la culture. Cette année j’ai aussi semé des pois Mangetout, qu’on consomme avec la gousse lorsqu’ils sont juste formés, ou qu’on écosse un peu plus tard. Résultat tout à fait convaincant, je remettrai ça.

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Côté légumes feuilles nous cultivons aussi des Bettes à cardes, blanches et rouges, ou Blettes, mises en place vers mai à partir de semis réalisés en godet. Elle tiennent jusqu’au printemps suivant s’il n’y a pas de trop fortes gelées. Et un délice au petit goût citronné : la Tétragone, ou épinard d’été, qui se ressème d’une année sur l’autre, très gélive, mais qui est lente à démarrer et ne vient que lorsque la terre est bien réchauffée. Par contre, je ne fais toujours pas de « vrais » épinards, qui prennent trop de place à mon goût puisqu’ils réduisent outrageusement à la cuisson.

Ici, on avait stocké du mulch pendant un an et depuis c’est un coin de terre particulièrement fécond. Jeunes tomates, kales tout juste repiqués, tétragone, concombres. Les bâtonnets un peu partout servent à décourager les gratteurs de tous poils et plumes – et ça marche ^^.

 

Les courges sont plantées dans un carré laissé à composter tout l’hiver avec des déchets végétaux et enrichi d’un brin de fumier. Manifestement, elles aiment. Juste derrière, une pomme de terre qui s’est naturalisée, en pleine forme aussi, et quelques fraisiers.

Autres légumes d’hiver, les Topinambours et les Crosnes – descendance d’un seul plant acheté l’année dernière en jardinerie, il a suffit d’en remettre quelques-unes dans le sol. Et longue conservation : des Courges indéterminées, peut-être Butternut, dont j’avais récupérées les graines (qui peuvent se garder dix ans)  dans l’exemplaire somptueux qu’un voisin m’avait offert.

Et par là-dessus, bien sûr, les légumes d’été : tomates, courgettes – et concombres, au pied desquels je mets quelques grains du précieux maïs Golden bantham, un des derniers non-hybride encore disponibles en France, obtenu par le semencier loin de toute culture douteuse pour éviter la contamination génétique (en fait, il y a des mots ou des sigles qu’il ne vaut mieux pas écrire explicitement sur Internet sous peine de voir débarquer la dream team, sympa non ? ^^). Lorsque le tuteur devient un peu faiblard pour le poids de la plante, le maïs vient à son secours. J’y mets aussi quelques radis, qui ont la réputation de protéger le concombre, à condition de les laisser aller au bout de leur cycle : de petites cosses pleines de graines, ça tombe bien. Pour la consommation ce sera plutôt entre les salades puisque l’un et l’autre aiment bien être arrosés régulièrement.

Sans oublier quelques fines herbes et plantes utiles, que je compléterai sans doute encore dans l’avenir : menthe, ciboulette, basilic, oseille, coriandre, persil, thym, stevia, consoude.

Et pour finir, mes nouveautés de cette année, dont je vous reparlerai sûrement en temps et en heure : le brocoli à jets pourpres, dont j’ai entendu le plus grand bien question productivité hivernale ; le chou-rave, une merveille gustative qui se croque cru avec une mayonnaise et dont l’arrière-goût de noisette reste en débat… et pour la première fois un semis de fraises destiné à remplacer l’année prochaine mes vieux pieds qui ont atteint la limite fatidique des trois ans. Pas très simple, c’est connu, mais à condition de tenir la terre bien humide – par une couverture transparente de la terrine par exemple – ça marche. Bon, des micro-pousses dont il va falloir faire de grands fraisiers, mais ça, c’est une autre histoire !

Quelques photos pour terminer…

Les tomates cerises aiment bien pousser en buisson et se soutenir les unes les autres, à condition d’être protégées de la pluie, ici sous un avant-toit. En effet, un mildiou dans ces conditions se diffuserait très rapidement. Celles-ci ont repoussé spontanément à partir de tomates tombées et je les ai laissées faire, en sélectionnant simplement les plus jolies.

 

Notre mini-champ de pommes de terre sous paille. Celles de la rangée de gauche ont été plantées plus tard et ne sont pas encore vraiment sorties.

Cf. Des patates sous la paille, on en met partout

Courgettes devant, tomates et kale derrière : ces deux derniers sont censés bien s’entendre, on teste…

 

Et last but not least, des topinambours qui semblent partis pour la gloire, cette année. A se demander où ils vont s’arrêter 🙂

 

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Vous avez le droit de copier cette page et de la republier – photos comprises – uniquement si vous avez la politesse de mettre le lien vers l’original https://pensons-sauvage.org/index.php/2017/06/13/potager-des-quatre-saisons-notre-selection-de-legumes-et-plantations/ – et cette mention 😉

3 Commentaires

  1. Salut Isabelle,

    Super article !
    Un sacré travail d’écriture, merci pour ce partage 🙂

    Tu n’as pas eu de chance avec le chou daubenton… Essaye d’en planter à différents endroits pour voir 😉

    • Bonsoir Heikel… Merci beaucoup à toi ! Je passais justement par ici en me disant que j’avais oublié les radis, et que ce serait l’occasion de faire un lien vers l’article de ton blog qui explique leur culture. Ce qui est fait 🙂
      Le chou Daubenton, je viens effectivement de le bouturer ce printemps, je me pose aussi la question de l’emplacement, ils ne sont peut-être pas à l’aise ?

      • Merci beaucoup !

        Je ne sais pas trop, je te conseille d’en mettre à deux ou trois endroits différents et d’observer. En plus de leur trouver un emplacement qui leur conviendrait peut-être plus, ils se feront sans doute moins mangés car ils ne seront pas tous les uns à côté des autres 😉

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