Pensons Sauvage

Potager & permaculture au jardin naturel

Travaux de printemps au potager des quatre saisons

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J’ai délibérément laissé ce blog et notre twitter en arrière-plan pendant quelques semaines, car le jardin demandait toute mon attention. Le souci, quand on s’occupe d’un potager censé donner le plus longtemps possible dans l’année, c’est la bien période avril à début juin : les quatre cinquièmes des semis et plantations sont à faire à ce moment-là. Nous sommes à peu près à mi-chemin et il y a déjà pas mal de choses à voir.

La serre a beau être minuscule, elle donne de la salade sans discontinuer depuis fin février, grâce à la salade à couper et à l’éclaircissage des salades à pommer – ce qui permet aussi de privilégier la croissance des plus belles. J’arrose très régulièrement et je la laisse ouverte : les salades aiment la fraîcheur et une terre confortablement humide, sinon c’est la montée à graine rapide. Très bientôt, je ménagerai quelques espaces où viendront s’insérer les tomates.

Avec la sécheresse qui continue, les limaces sont aux abonnés absents. Du coup les semis en place redeviennent ultra-faciles. Comme la salade il en faut le plus possible et tout le temps, surtout chez nous ^^, on en met des mélanges un peu partout avant les cultures d’été. Et pareil : récolte par éclaircissage, en laissant les plus belles à pommer pour la fin. Question variétés, il faut alterner en fonction de la saison : le potager durable de Nicolas, par exemple, détaille une bonne gamme qui permet d’aller d’un printemps à l’autre sans en manquer – quoique pour notre part, au plus fort de l’hiver c’est plutôt le Kale et sa cargaison de vitamines qui fait l’essentiel de nos bolées de verdure.

Le Kale, le voilà, semé depuis quelques semaines, à repiquer en mai. S’y prendre tôt permet de lui laisser largement le temps de grandir avant l’hiver. Mais un peu plus tard ne serait pas forcément grave, il se remet à pousser dès que la lumière augmente en février et donne facilement jusqu’en mars. On cueille les plus belles feuilles du bas, il repartira par en haut. Et comme nous n’avons pas souvent de gel pour l’attendrir, on le marine une heure ou deux avec quelques gouttes de vinaigre.

En bas : Kale Nero di Toscana, Westlandse Winter – et quelques semis de blettes. En haut, à côté du thym, des choux-raves, délice croquant trop souvent oublié, et des choux cavaliers, autre variété non pommée souvent utilisé en plante fourragère mais qui dans le Sud-Ouest est à la base de la Garbure. Une bonne réserve pour l’hiver qui nous servira en salades, en lasagnes, en pizzas maison, en garnitures de légumes… bref, tout ce que notre imagination culinaire pourra nous inspirer.

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Les semis de tomates ont été réalisés en février et sont désormais dehors à s’endurcir en attendant leur prochain repiquage.

Les courgettes et les concombres par contre, mieux vaut attendre fin avril et en refaire une ou deux fois dans la saison pour échelonner les récoltes. Les plants se développent extrêmement rapidement et supportent mal une trop longue attente en pot.

Tiens, encore du Kale, mais de l’année dernière et laissé en place au potager pour grainer, celui là. Il a la taille d’un arbuste et des milliers de gousses bourrées de graines, que nous récolterons une fois que le tout sera bien sec. Nombreux partages en perspective !

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Les pommes de terre sous la paille de février et mars sont déjà de belle taille, on les buttera bientôt avec des tontes de gazon. Le reste des plates-bandes est encore vide, je les garnirai dans les prochains jours. Les planches sur les côtés ont pour but de décourager les ardeurs d’une famille de merle qui loge à proximité et déterrerait toutes les pommes de terre si on laissait faire. Ils ne cherchent que les vers et les petits insectes – abondants sous le paillis – mais il est important pour les patates de ne jamais voir la lumière, qui les fait verdir.

Voilà les fleurs de pois, ces beautés délicates. Eux aussi se portent à merveille et commencent à donner sur les rameaux les plus bas. Ils ont été palissés avec des bouquet de branches récupérés en taillant les noisetiers, directement plantés dans la terre après un court séchage – et ça marche fort bien.

Cet espace, qui est resté mulché depuis l’automne, accueillera bientôt les tomates et les choux, en alternance. Ce sont de bons compagnons, qui se protègent mutuellement, dit-on. Par contre les choux ont besoin d’eau et les tomates c’est un peu le contraire – selon les observations que j’ai relatées à la fin de cette page. Mais justement, entre les plants arrosés, elles devraient se débrouiller pour récupérer ce dont elles ont besoin. Affaire à suivre… en attendant, Ripley, Marcelline et Astarté nettoient et grattent le terrain deux ou trois heures par jour. Elles adorent ça et sont redoutables contre les vers gris et les œufs de limaces.

 

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Aux nombreux endroits où la terre est très dure j’ai souvent démarré des cultures dans des carrés, où je pouvais donc rajouter une bonne hauteur de substrat. Au bout de quelques années, la butte ainsi formée est bien consolidée, je peux récupérer le carré. Et comme cet hiver nous avons détourné (amicalement^^) un camion de feuilles mortes destiné à la déchetterie, nous disposons d’une quantité de déchets végétaux dits bruns. On rajoute de temps en temps une couche de déchets verts, comme des tontes de gazon, on laisse tasser. C’est le principe du jardinage en lasagne, sur laquelle il serait même possible de planter tout de suite, d’ailleurs. Une excellente technique à essayer par tous ceux qui trouvent leur sol difficile. Je signale que, par rapport à ce que vous lirez souvent, le carton n’est pas du tout obligatoire. La seule chose indispensable, c’est d’alterner les déchets carbonés (bruns) et les déchets azotés (verts).

Les topinambours démarrent du feu de Zeus cette année, dans un carré bricolé à base de grillage, qui a servi auparavant à observer l’évolution de pommes de terres sur plusieurs générations (on en oublie toujours en terre à la récolte, elles repartent au printemps, etc). Et du coup, bien sûr, il y a des patates qui sont reparties là-dedans malgré notre examen soigneux. Mais ce n’est pas grave : ces deux espèces sont très amies… aussi étrange que cela puisse paraître puisque ce sont deux tubercules – et normalement les plantes de même niveau racinaire ne sont pas à planter ensemble.

Et last but not least, un petit bonheur de chaque printemps, le géranium sauvage, herbe à Robert, très commun sur les sols riches et en bon état. Autant la variété cultivée semble souvent pataude, autant la version originale est gracieuse – et c’est toujours un plaisir de voir qu’il se se sent à l’aise et nous décerne son approbation en se multipliant sur ce petit bout de terre, que nous cherchons à faire vivre en accord avec la nature.

 

Vous avez le droit de copier cette page et de la republier – photos comprises – uniquement si vous avez la politesse de mettre le lien vers l’original https://pensons-sauvage.org/index.php/2017/05/11/travaux-de-printemps-au-potager-des-quatre-saisons/ – et cette mention 😉

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5 Commentaires

  1. Salut,

    Ça fait un sacré travail : les débuts de saisons sont toujours extrêmement chargés.
    En tout cas, belles réalisations. Et les plants ont l’air de respirer la forme ! Bravo 😉

    • Hello Heikel…
      Et comment ça se passe chez toi ? Ici, sécheresse persistante et canicule, du coup j’ai dû mettre un coup de frein aux opérations. Les choux n’aimeraient pas (mais là pas d’urgence) et les beaux plants de tomates de la photo ont été affaiblis par une attaque de thrips, qui se multiplient bien vite, on dirait, dans ces conditions d’aridité. Je n’ai pu en planter qu’une quinzaine, j’ai laissé les autres en attente en les repiquant dans de grands pots, pour ne pas les confronter tout de suite à des conditions quand même très dures sous cette chaleur. Je les soigne en les douchant, ça n’a plus l’air de progresser… Le seul point positif : c’est vraiment un printemps sans limaces. Pour une fois, c’est reposant 🙂

      • Resalut,

        Eh bien pour être honnête j’ai un peu de retard avec tout ce que je dois gérer (le blog entre autre). Mais sinon ça avance quand même, les derniers semis poussent et seront repiqués d’ici à 1 ou 2 semaines. Chez moi, avec le mulch, j’ai quand même quelques limaces, mais rien de bien méchant. J’ai seulement perdu une courgette et quelques concombres que je n’avais pas protégé en les pensant à l’abris dans la serre. On ne m’y reprendra plus haha !

        Ah zut pour l’attaque ! S’ils ne sont pas trop nombreux ça ne devraient pas tuer tes tomates en tout cas. Et bien vite viendront leur prédateurs naturels, c’est une super idée que tu aies évité de traiter avec un insecticide naturel je pense.

        • Oui, en ce qui concerne ton blog tu es impressionnant. Je me suis promis d’aller fouiller dedans dès que possible (et de commenter etc), car pour l’instant je n’ai pu lire que quelques billets, mais tous étaient si détaillés, riches et intéressants… sacré boulot !
          Bon, ici on a la pluie qui revient, pas trop tôt, ça va aider. Les thrips n’ont touché qu’une dizaine de pieds de tomates (sur 35 environ) mais les ont sacrément affaiblis quand même… ça sera intéressant de voir comment ils vont reprendre après ça. Bon, j’y retourne, à bientôt ! ^^

          • C’est vraiment flatteur Isabelle, merci beaucoup ! J’essaye effectivement d’écrire des articles aussi complets et digestes que possibles. Avec plaisir pour les commentaires, j’y répondrai avec très grand plaisir !
            Ok, je te souhaite bon jardinage, à très bientôt,
            Amicalement,
            Heikel

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