Pensons Sauvage

Potager & permaculture au jardin naturel

Des patates sous la paille, on en met partout !

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Nos bonnes vieilles patates confectionnent aussi des petites fleurs tout à fait charmantes

Nous ne faisons pas des quantités industrielles de pommes de terre, d’abord parce que notre maraîchère de cœur en vend d’excellentes et pas chères, mais aussi parce qu’il faudrait beaucoup de place, que nous n’avons pas. Par contre, pour le plaisir des patates du jardin, nous en mettons partout. Dans les recoins, les interstices et même entre les carrés. Avec un système garanti zéro fatigue mais haute productivité : directement sur la terre et sous la paille.

Cette méthode serait originaire d’Amérique du Sud. J’ai vu des gens la pratiquer simplement sur l’herbe, sans aucune préparation… ça marcherait très bien, d’après eux – ce qui est fort possible. C’est d’ailleurs, disent-ils, une excellente manière d’ouvrir de nouvelles planches à la culture : l’année suivante la terre en sera bien ameublie. La seule chose à prévoir c’est une bonne quantité de paillis ou de mulch, plus du compost… ou pas. Il améliore sans doute le rendement mais n’est pas indispensable. Reste qu’il peut être un peu compliqué de faire un champ de patates entier avec ce système.  On dit aussi qu’elles sont plus sensibles aux mulots, je poserai la question à mes chats. Eh oui, Minouche est un bon auxiliaire au potager quand il ne prend pas vos planches pour un bac à litière de luxe (poser un filet sur les surfaces à protéger suffit à faire cesser ses activités subversives ^^).

Nous faisons nos plantations directement à partir de pommes de terre du marché, sans traitement, de mars à juin, chaque fois que nous en trouvons cinq ou six qui semblent vouloir produire des germes. Quelques jours à la lumière avant l’installation et elles sont à point. Il vaut mieux que le germe soit bien trapu et coloré.

Nous préparons les buttes à l’avance avec la paille changée du pondoir des poules, mais ça n’est absolument pas obligatoire. L’avantage si une butte – bien épaisse et humide – a attendu : quelque soit le temps, il fait tiède là-dessous, avec la fermentation, et dès février on peut y coller les premiers tubercules. Ici, la terre a été légèrement décompactée à la grelinette après avoir été découverte – mais pareil, j’ai déjà fait sans. Les germes vont vers le haut et on peut même couper les patates en gros morceaux, ça marchera aussi.

Et hop, une bonne dose de compost, même frais. Les pommes de terre aiment bien. Ce sont d’ailleurs les premières à germer à partir d’épluchures directement dans le tas de compost en cours, tous les potagistes ont déjà vu ça. Sans compost, ça peut sûrement fonctionner simplement avec la décomposition de la paille – ou mieux dans ce cas : de mulch de déchets végétaux variés – mais le rendement pourrait être moins bon.

Et on remet la paille, ou le mulch, ou un mélange des deux. Il faut une bonne épaisseur pour isoler les tubercules de toute lumière qui les ferait verdir, on en rajoutera au cours de la saison, les tontes d’herbe par exemple. On récolte quand le feuillage est fané. Ou avant, pour des pommes de terre nouvelles, mais plus on récolte tôt, moins elles se conservent.

A noter que les patates sont sensibles au même mildiou que celui de la tomate, il faut donc les éloigner, mais la vaporisation d’ail cru broyé est très efficace aussi sur leur feuillage. L’année dernière elles ont bénéficié du même traitement en parallèle et je n’ai pas vu l’ombre d’une trace de la funeste maladie.

Vous avez le droit de copier cette page et de la republier – photos comprises – uniquement si vous avez la politesse de mettre le lien vers l’original https://pensons-sauvage.org/index.php/2017/03/26/des-patates-sous-la-paille-on-en-met-partout/ – et cette mention 😉

3 Commentaires

  1. Très bon article !
    Je suis un fervent utilisateur de cette technique de culture de pommes de terre.
    J’ai moi aussi fait un article présentant cette technique de culture très intéressante : https://www.jardinerfute.com/cultiver-patates/

    De part ce que j’ai lu, le compost ne serait même pas utile si tes lecteurs n’en disposent pas. 😉
    Après, c’est sûr que les pommes de terre préfèreront avoir une ressource en plus, compost + mulch.

    • Hello et merci du partage : ton article est vraiment excellent, je vais le prendre en lien pour illustrer le début de ce billet sur la culture possible sans compost… on se rend par ailleurs bien compte que les pommes de terre restent volontiers en place, puisqu’on en oublie toujours à la récolte et qu’elle reviennent l’année d’après – perso j’apprécie toujours le cadeau ^^

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