Pensons Sauvage

Potager & permaculture au jardin naturel

La généreuse simplicité du topinambour

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ou les trois petites épluchures qui n’en firent qu’à leur tête.

Internet est plein d’excellents sites qui vous donneront les détails de culture de chaque espèce végétale. J’en ai mis en lien dans la colonne de droite mais vous pourrez en trouver beaucoup d’autres. Pour ne pas refaire ce qui existe déjà, je préfère pour ma part raconter de petites histoires au potager, à travers lesquelles il est possible d’apprendre à connaître un légume, sa manière de se comporter, à quoi s’attendre. C’est une démarche complémentaire qui peut éviter pas mal d’incertitudes – et c’est ce que j’aurais aimé lire lorsque je contemplais telle ou telle nouvelle culture en me demandant comment les choses allaient tourner.

Mon meilleur souvenir gastronomique remonte à deux ans : il s’agissait d’un plat de pommes de terres et topinambours émincés, poêlés en compagnie de bolets du jardin et de rondelles d’oignons dorées, dans une sauce légère à la crème fraîche. La fine saveur d’artichaut du topinambour s’associait à merveille au goût plus franc de la patate, avec un amusant suspens à chaque bouchée puisque les deux ingrédients, une fois coupés en tranches et cuisinés, ont un aspect quasi identique.

Ces topinambours-là venaient du marché fermier et comme je ne pensais pas encore vraiment à en cultiver, j’ai tranquillement jeté les épluchures au compost. Puis l’hiver est passé là-dessus.

Quelques mois plus tard, le printemps bien avancé, j’ai remarqué trois petites plantes particulièrement vigoureuses en installant de jeunes concombres dans une planche enrichie en compost. Elles étaient coriaces, impossibles à récupérer malgré la terre meuble. J’ai dû creuser par dessous afin de les soulever avec leurs racines – et c’est ainsi que j’ai découvert le pot-au-rose : chacune s’élançait depuis un petit morceau de topinambour. Je me suis souvenue de mes lectures : autrefois, on prenait bien garde de remettre les épluchures du tubercule dans le sol afin de le faire revenir après l’avoir mangé. C’est même ce côté généreux et inépuisable qui en avait fait un légume de guerre.

Les plantules se sont donc retrouvées dans un pot, puisque je ne savais trop où les mettre. Les topinambours doivent avoir une place bien délimitée, car ils ne tardent pas à envahir tout l’espace à leur portée. A la récolte, on en oublie toujours dans le sol, qui repartent gaillardement l’année d’après.

Puisque la terre des concombres leur avait réussi, ces jeunettes ont eut droit aussi à leur belle ration de compost. Ce ne sont pas des plantes très gourmandes mais la bonne nourriture les avantage, surtout dans un pot, qui peut vite s’épuiser. Elles ont parfaitement repris, en deux temps trois mouvements, comme si rien ne s’étaient passé. Solides.

En été elles ont lancé vers le ciel de gracieuses fleurs jaunes. Et au milieu de l’hiver, nous avons récolté. Voilà nos trois petites épluchures récalcitrantes transformées en un bon kilo de coquets topinambours.

Depuis, j’ai racheté des topinambours au marché pour les replanter, pour peu qu’ils soient de belle allure. Les semenciers de confiance en font aussi, mais cela revient dix à quinze fois plus cher et comme ces tubercules ne se conservent pas longtemps hors de la terre, ça n’est pas forcément une bonne solution de les faire voyager. On les installe plutôt en février-mars mais cela peut se faire sans problème jusqu’à début mai, entiers ou coupés en morceaux. Pour ma part, c’est sous une dizaine de centimètres de terre, sur une parcelle ameublie à la grelinette et qui est restée couverte pendant l’hiver. Je remets la couche de mulch dessus, car rien ne les arrête, sauf peut-être les mulots qui en sont friands.

En hiver, lorsque les plants auront séché, les racines seront pleines de ces jolis tubercules, qu’on pourra ramasser en soulevant la terre avec précaution ou en la fouillant à la main. Vous en raterez forcément et vous pouvez aussi y remettre les épluchures, qui repartiront. Il faut vraiment leur réserver le coin : comme je le disais plus haut ils sont très difficiles à faire disparaître complètement et chercheront à coloniser tout ce qui les entoure. Ce qui en soi est une bonne nouvelle pour le potager en permaculture, dont le principe est toujours d’en faire le moins possible pour un résultat maximum.

Vous avez le droit de copier cette page et de la republier – photos comprises – uniquement si vous avez la politesse de mettre le lien vers l’original https://pensons-sauvage.org/index.php/2017/03/21/la-genereuse-simplicite-du-topinambour/ – et cette mention 😉

 

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